Concarneau - Saint-Barth départ 22 avril 2018
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11/05 - 03h03

Adrien Hardy : « Ce qui est dur, c’est d’être concentré 12 heures par jour à la barre »

De Adrien Hardy et Thomas Ruyant émanait le doux mélange de la victoire, quand euphorie, confiance et satisfaction se partagent entre complices, jeudi soir à Saint-Barth.

Vous paraissez si heureux, presque surpris de gagner !
Adrien Hardy :
« C'est génial ! Merci l'accueil ! On savait qu'on allait gagner, mais on en a pris conscience sur la ligne, quand on voit qu'on est le premier bateau à l'arrivée. C'est une belle victoire, on prend conscience du truc maintenant ! »

Thomas Ruyant : « On avait conscience d'être devant mais, jusqu'au bout, ça reste des petits écarts, il y a les grains, les sargasses et une foule de petites choses à gérer. Tant que la ligne n'est pas coupée… On avait bien les positions qu'on recevait sur l'ordinateur, mais on aime bien voir le truc concret ».

Est-ce une revanche pour vous, après votre troisième place il y a deux ans, Adrien ?
Adrien Hardy :
« Oui et non, c'était deux courses vraiment différentes, c'était bien aussi il y a deux ans. C'est vrai que c'était ambitieux de dire, qu'on allait gagner, nous étions pleins à dire que nous venions pour gagner, à Concarneau (…), mais quand on s'est contacté pour faire la transat, on savait qu'on venait avec cet objectif.

Thomas Ruyant : Et quand on était deuxièmes, troisièmes, ça ne nous plaisait pas, on avait vraiment envie de gagner. On avait les crocs pour aller chercher cette victoire, on est allé chercher les coups qu'il fallait, les trajectoires qu'il fallait pour gagner. Il n'était pas question d'aller naviguer dans le paquet.

Pensez-vous que Bretagne CMB Performance a fait une erreur ?  

Adrien Hardy : Ce qui est sûr, c'est qu'ils ont été des adversaires très forts, très rapides, pfiou, ils ont fait une super belle course. Ils ont eu une opportunité d'aller rejoindre leurs petits copains, et ce n'était pas forcément ce qu'il fallait. On avait une opportunité de notre côté, et on y est allé à fond parce qu'on était persuadé que c'était la bonne route. Et quand on a vu qu'ils laissaient une petite ouverture vers l'arrivée, eh bien on est parti, et voilà.

Vous vous êtes senti plus fort dans la tête ?  
Thomas Ruyant : On l'a senti plusieurs fois pendant la course. Mais ce dont on était sûr, avec Adrien, et c'est ce qu'on s'est dit quand on s'est parlé avant la course, on savait pourquoi on y allait. Et là, on concrétise le truc, c'est ça qui est formidable : remporter cette course avec mon pote Adrien. Ce n'est pas notre première : on avait fait une Jacques-Vabre ensemble, on a un super potentiel à deux, on se comprend, on parle de la même façon à bord, ça s'est encore confirmé là.

Cette course a été dure ?
Thomas Ruyant :
C'était dur ! Ce ne sont pas des bateaux aussi durs que les Imoca, mais en revanche, on a passé 12 heures chacun à la barre chaque jour. Le pilote automatique a dû marcher deux heures en 18 jours en cumulé, juste pour nous suppléer quand on allait faire un petit pipi à l'arrière ou qu'on enlevait les sargasses. Ce qui est sûr, c'est qu'on s'est fait mal à la barre.


Adrien Hardy
 : On n'a pas eu des alizés très forts, ça n'a pas été très dur, sinon ces trois jours au charbon au large du Portugal. Trois jours de glisse, mais il faut ça pour les Figaro, on s'est vraiment bien marré là-dedans, même si on se relayait toutes les heures parce qu'on n'arrivait pas à tenir plus. Après, ce que j'ai trouvé dur, c'est ce temps de barre dédié à la performance, à ne rien lâcher, à mettre le petit coup de barre au bon moment à chaque vague, à rester concentré 12 heures par jour… On a navigué en fonction de la météo, on a fait la route qu'on trouvait la meilleure on a « tactiqué » seulement au cours des 24 dernières heures. Mais, des inquiétudes, on en a eu. Les options, ça se fait et se défait, on ne sait jamais qui va gagner. Une nuit, à Madère, quand on a vu un gros peloton exploser vers les Canaries, on a passé une nuit pas sereine. Pendant trois quatre jours, on a vu Breizh Cola et Guyot Environnement prendre des milles sur nous ; on s'est vraiment demandé si on avait bien fait. Mais on avait décidé d'une option, on devait aller sur l'option et l'assumer. C'est clair aussi que Bretagne CMB Performance aurait pu gagner à Saint-Barth ce soir. On a aussi eu ce petit quelque chose de chance en plus… 


Votre duo a bien fonctionné ?

Adrien Hardy : Quand tu gagnes, ça se passe toujours bien, j'aurais dit que ça s'est bien passé aussi si on n'avait pas gagné, je crois bien. Mais on n'était pas là pour s'amuser… Enfin si, quand même, mais l'objectif premier n'était pas de s'amuser. C'est en souffrance, tu as mal aux fesses et au dos parce que tu barres, et tu te relaies sans cesse, parce que tu es hyper rigoureux et hyper exigeant l'un face à l'autre. Dès que l'un mollissait, l'autre reprenait la barre. Ce qui fait aussi marcher notre duo, c'est qu'on sait se dire les choses. Le ton ne monte pas, on est toujours pote, on percute. On est au même régime tout le temps. On a la même énergie.

Quelle est la suite pour vous ?
Thomas Ruyant :
« Ce qui est sûr, c'est que j'ai commencé à faire de l'Imoca avec Adrien en 2015. Adrien, ça fait dix ans qu'il fait du Figaro. Le jour où il va monter en Imoca… il y a des chances qu'il mette du monde d'accord. Je le dis pour lui, parce qu'il est trop modeste pour le dire lui-même. Pour ma part, je veux être au départ du Vendée Globe 2020, j'ai des projets mais aujourd'hui, je n'ai pas les partenaires encore pour y arriver. C'est l'objet de mes semaines et mois qui viennent. Le résultat ne peut pas nuire ».

Adrien Hardy : C'est la fin du Figaro 2, la fin pour moi de 11 ans de navigation en Figaro 2. Et je suis très fier de finir par une victoire, pour moi mais aussi pour mon partenaire, Agir Recouvrement, qui m'a aidé pendant 11 ans et avec qui j'ai noué des liens très forts ».

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Temps de course
  • Saint-Barth
    16:09
  • Concarneau
    22:09
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