Concarneau - Saint-Barth départ 22 avril 2018
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Actualités

15/06 - 08h30

Rubrique santé - L'échauffement

Nous avons tous en tête l'image d'un sportif qui s'échauffe sur le bord du terrain avant de pratiquer son activité en compétition. Qu'en est-il dans la voile, sur la Solitaire Bompard Le Figaro notamment ?

Physiologiquement, un échauffement est une activité physique progressive visant à augmenter la température dans le muscle, accélérant les échanges vasculaires (artériels et veineux), augmentant la réactivité musculaire. La réponse est plus rapide et le geste est plus précis. L'échauffement a une durée dans le temps : au bout de 10 ou 15 min, s'il n'y a pas eu d'activité musculaire, la température retombe et ne sert plus à rien. Dans ce court paragraphe réside le paradoxe de la voile.

Sur la Solitaire Bompard Le Figaro, l'activité physique n'est pas régulière et est difficilement programmable. La voile alterne des phases d'activité explosive de plusieurs minutes avec des phases calmes qui peuvent durer plusieurs heures. Quand la situation est prévisible (départ de l'étape, ou virement de bord décidé par le routage), il serait très bénéfique de s'échauffer.

Sur les phases de départ, nous voyons parfois quelques skippers effectuer des mouvements d'échauffement. Pour un navigateur, il s'agit d'échauffer les membres supérieurs, le dos et la nuque. En cinq minutes, ils peuvent réaliser un échauffement acceptable, en créant une petite routine automatique.

Malheureusement pour eux, la plupart du temps c'est la nature (le vent, le courant, un nuage...) ou un concurrent  qui va dicter la conduite au skipper lui demandant d'adapter sa stratégie à la situation actuelle. Dans ce cas, il manœuvre sans échauffement, le plus important pour lui sur l'instant étant son bateau, sa course et sa manœuvre. C'est souvent dans cette situation qu'il se blesse. L'environnement dans un bateau est froid et humide, le corps passe d'une phase de repos à une phase d'action, changement de voiles, virement de bord (régler les voiles, les ballasts mais aussi le matossage de l'intérieur du bateau, tous les sacs doivent changer de côté...). Le lumbago n'est pas très loin. Il arrive aussi que cet évènement impromptu se passe pendant une phase de sommeil, le skipper sort alors en toute hâte un peu agar et peut facilement se faire une entorse de la cheville ou plus.... Il faut essayer de créer un échauffement rapide en moins de une minute pour faire face à ses blessures.

Plusieurs solutions existent pour parer ces situations. L'expérience permet de ne pas se précipiter, d'avoir le recul nécessaire et une analyse correcte de la situation pour avoir le geste juste. La préparation physique régulière, avec un gainage profond des muscles du tronc habitue le corps à la répétition et donc à l'imprévu. Enfin, la préparation mentale, voire la méditation pour certains permet d'augmenter la conscience, la présence à soi et à son environnement et d'être en phase avec son bateau et les éléments. Comme pour la préparation physique qu'un sportif pratique en oubliant la préparation mentale, l'échauffement spirituel ou mental est tout aussi important que l'échauffement physique.

Un réveil articulaire et musculaire régulier permet en 20 minutes d'entretenir son corps, son élasticité et sa réactivité. Cela commence dans le calme par une mobilisation active sans résistance de toutes les articulations du corps (pied, cheville, genou, hanche, bassin, dos, nuque, épaule, coude et poignet), puis un petit footing de 10/15 minutes entrecoupé d'exercices de pompes, tractions, squats... Si cet entretien est réalisé régulièrement tout au long de l'année, le répéter le matin du départ permet de préparer son corps à l'action.

Notre rôle en tant que soignant sur cette course est aussi éducatif, plus notre enseignement sera de qualité, moins nous aurons à intervenir aux escales. Malheureusement pour eux, le message ne doit pas correctement passer car il est exceptionnel que nous soyons désœuvrés aux escales.

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Temps de course
  • Saint-Barth
    20:42
  • Concarneau
    02:42
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