Concarneau - Saint-Barth départ 6 avril 2014
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29/06 - 08h30

Rubrique Santé - Les risques encourus par les skippers

Cette première étape risque de laisser des traces, des regrets, des sourires et des crispations. Particulièrement longue : quatre jours et quatre nuits, cette étape a été agitée.

C'est pourquoi ils encourent certains risques : Le risque majeur pour un marin est de tomber par-dessus bord. Sur cette course c'est déjà arrivé et heureusement cela s'est toujours bien terminé.

Pour éviter ce risque, il existe plusieurs éléments de sécurité (le harnais, la longe, les feux à main, le pilote automatique qui met le bateau face au vent en cas de chute...).

A court terme, les risques sont surtout traumatiques : entorse, fracture, luxation, déchirure musculaire, lumbago, torticolis, survenant après des chutes, glissades, efforts de soulèvement ou des coups de froid... et des plaies cutanées suite à des coupures ou des chocs sur le bateau. Les entorses les plus fréquentes sont celles de la cheville, pour les fractures ce sont celles des côtes.

Il y a trois ans, un skipper a du abandonnée la manche après un dorsalgo (zone dorsale bloquée), nous avions fait des radios et une échographie qui n'avaient rien révélés de  pathologique, c'est finalement un scanner un mois après la course qui a révélé une déchirure d'un muscle profond (petit dentelé postéro inférieur), ce qui expliquait l'impotence fonctionnelle....

Une entorse de cheville peut s'avérer une cause d'abandon, par exemple sur la Route du Rhum 2014, un skipper a du abandonné dès la sortie de la manche pour cette raison, il n'était pas raisonnable de traverser l'atlantique sur un pied, c'est ici le risque de sur accident qu'il faut prendre en compte.

Sur la Solitaire Bompard Le Figaro, nous avons en moyenne trois entorses de cheville par édition qui lorsqu'elles sont bénignes et traitées par une contention souple permettent de poursuivre la course.

Il n'est pas non plus rare de les voir arriver avec des ecchymoses (bleus), des plaies. Le risque de coup de soleil n'est pas à négliger, avec la possible insolation.

A moyen terme, c'est la fatigue engendrée au cours des étapes précédentes qui peut faire dégénérer une pathologie bénigne en douleur chronique invalidante.

Un lumbago non soigné peut se transformer en lombalgie chronique, cruralgie ou sciatique par exemple.

Il ne faut pas non plus négliger la désillusion sportive au cours d'une étape, lors d'un mauvais choix qui pourrait s'avérer rédhibitoire... Dans ce cas, le skipper est démotivé, moins concentré, terrain plus propice à la mise en danger.

A long terme, tous ces incidents font que le skipper s'écarte petit à petit du geste technique juste. Il compense et des sciatiques ou tendinites peuvent apparaître après deux ou trois étapes. Parfois s'ajoute une déshydratation générale qui entraine une perte d'extensibilité du système musculo squelettique, majorant ces pathologies.

Les mains des skippers nécessitent une attention particulière, il s'agit de leur outil de travail qui souffre énormément, le froid, l'humidité et les bouts entrainent une inflammation très importante qui peut s'aggraver en œdème. Ce à quoi il faut rajouter les phlyctènes (ampoules) et vous comprendrez pourquoi ils n'aiment pas vous serrer la main en arrivant au ponton !

Les quatre jours d'escale leur permet de se réhydrater la peau, mais les premières manœuvres resteront quoiqu'il arrive douloureuse, même la « corne » accumulée en avant saison ne suffit pas à résister aux frictions et à l'humidité.

Ce qui fait la particularité de cette course c'est qu'elle fait intervenir les différentes filières énergétiques du corps (aérobie, anaérobie lactique, anaérobie alactique). Il faut imaginer qu'aux différentes filières correspond un morphotype. Un marathonien sera plus fin et longiligne par son développement de fibres endurantes, qu'un body builder dont la force explosive sera appuyée par des fibres toniques.

Le navigateur doit être un mélange des deux pour être performant, quelle schizophrénie !

Il faut imaginer l'intensité d'un 100 m d'athlétisme sur chaque manœuvre (virement de bord, affalage de spi...) répétée des centaines de fois sur quatre jours et ce processus étant, lui-même, répété quatre fois au cours de l'édition. C'est comme un marathon gigantesque au cours duquel des sprints sont imposés.

C'est pour minorer ces risques et restaurer l'état de santé des navigateurs qu'une équipe de kinésithérapeutes et ostéopathes accompagne les coureurs tout au long de l'édition. Un cabinet médical itinérant les accueille à chaque escale pour leur permettre de repartir dans les meilleures conditions.

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Temps de course
  • Saint-Barth
    14:09
  • Concarneau
    20:09
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