Concarneau - Saint-Barth départ 22 avril 2018
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11/05 - 18h07

Une nouvelle philosophie ?

En remportant la quatorzième édition de la Transat AG2R LA MONDIALE, le duo Adrien Hardy & Thomas Ruyant marque l'histoire de cette épreuve atypique créée en 1992 : le tandem qui pulvérise le temps de référence avec 18 jours 11 heures 48 minutes 22 secondes de mer, démontre aussi que le strict respect des impératifs tactiques n'a peut-être plus lieu d'être sur une traversée de l'Atlantique…

À gauche toute ! Le tandem n'a pas cessé de prendre des virages à gauche, vers l'Ouest d'abord, vers le Nord ensuite… Certes nous ne sommes plus dans les années 70 où les opinions oscillaient entre dénonciation d'un régime et préservation d'un idéal. Mais tout de même : il y a un goût d'évolution si ce n'est de révolution. À force de jouer le placement tactique en particulier sur les courses côtières, certains Figaristes ont parfois laissé de côté l'aspect stratégique qu'une transat, avec son format long et son champ de possibles plus étendu, avec son rythme d'endurance plus que son tempo minuté… N'est-ce pas le résultat des vainqueurs de cette quatorzième édition de la Transat AG2R LA MONDIALE ?

Priorité au jeu du vent

La victoire du tandem Adrien Hardy & Thomas Ruyant (Agir Recouvrement) est peut-être le début d'une fin programmée : le Figaro Bénéteau 2 entame sa dernière saison et la manière de mener le prochain monotype ne pourra pas être identique. À chaque support ses spécificités ! Mais la saison n'est pas achevée et le rendez-vous estival de La Solitaire URGO Le Figaro risque de prendre en compte cette nouvelle approche (qui a déjà failli porter ses fruits en 2017 avec la deuxième place d'Adrien Hardy). Et souvenons-nous que quelques animateurs de cette transat en double sont connus pour leur aptitude à briser les codes : Nicolas Troussel (vainqueur de la Transat AGR2 en 2004 et de La Solitaire en 2008), Gildas Mahé, Adrien Hardy, Corentin Douguet…

De fait, la victoire s'est jouée au dixième jour de course, lorsque le duo Hardy-Ruyant prenait le taureau par les cornes en lâchant ses deux partenaires de l'option occidentale à La Palma. La prise de risque était déjà conséquente (comme l'a constaté le tandem Marchand-Loison qui a décroché dans des calmes), mais il fallait aussi être convaincus et convaincants en allant chercher un vent et une bascule qui n'apparaissait que dans des schémas stratégiques généraux : les routages lorsque Agir Recouvrement faisait le break au milieu de l'Atlantique, ne donnaient aucune indication précise sur la suite du programme ! A contrario, puisque le danger semblait austral, là où d'autres « disruptifs » tentaient le grand Sud : Gildas Mahé & Nicolas Troussel (Breizh Cola) en compagnie de Pierre Leboucher & Christopher Pratt (Guyot Environnement) étaient encore les plus véloces à mi-parcours…

Un podium symptomatique

Il ne s'agit pas de remettre en cause quelque formation que ce soit, mais de prendre en compte de nouvelles démarches fondées sur le fait que le « top ten » du circuit Figaro a désormais bien du mal à se départager : les arrivées super groupées des courses comme la Solo Maître Coq, la Solo Concarneau ou La Solitaire URGO Le Figaro sont là pour démontrer que c'est à l'arrachée que se construisent les victoires. La vitesse, presque tout le monde l'a, l'intelligence tactique presque tout le monde la possède, la connaissance des concurrents presque tout le monde l'a en mémoire. Alors pour créer le différentiel qui permet de percuter à l'arrivée, ne faut-il pas briser les codes, balayer les certitudes, tenter des décrochages qu'il faut certes ensuite assumer jusqu'au bout. Le physique, la technique, la pratique, l'expérience ne suffisent peut-être plus à scorer : il faut innover, déstabiliser, travailler son mental…

Bref comme pour tous les autres sports, le résultat se construit dans la tête, dans l'aptitude à se donner plus qu'à imaginer, à se concentrer sur le point à remporter, à éliminer le doute qui ronge et ne plie point : le podium de cette Transat en double en est probablement l'expression la plus flagrante ! Adrien Hardy & Thomas Ruyant ont joué avec le vent, Sébastien Simon & Morgan Lagravière ont préféré le contrôle tactique, Gildas Mahé & Nicolas Troussel ont tenté l'option radicale…

Leurs poursuivants n'ont pas démérité, loin de là, mais chaque petit différentiel sur l'eau se concrétise à l'arrivée : certains ont joué de malchance, soit avec un mauvais grain, soit avec un méchant calme, soit avec un redoutable container, soit avec une coupe de spinnaker moins propulsive, soit avec un champ de sargasses trop collant… Mais la victoire est aussi d'en finir avec une Transat AG2R LA MONDIALE qui restera gravée dans les esprits de tous les participants comme étant l'une des plus exigeantes alors que les conditions météorologiques s'avéraient quasiment idéales. Nouveau paradoxe systémique !

Classement à l'arrivée à Saint-Barthélemy :

1-Adrien Hardy & Thomas Ruyant (Agir Recouvrement) en 18j 11h 48' 22''

2-Sébastien Simon & Morgan Lagravière (Bretagne CMB Performance) en 18j 12h 57' 40''

3-Gildas Mahé & Nicolas Troussel (Breizh Cola) en 18j 15h 36' 40''

4-Pierre Leboucher & Christopher Pratt (Guyot Environnement) en 18j 15h 50' 55''

5-Anthony Marchand & Alexis Loison (Groupe Royer-Secours Populaire) en 18j 17h 52' 00''

6-Corentin Douguet & Christian Ponthieu (NF Habitat) en 18j 18h 43' 22''

7-Erwan Tabarly & Thierry Chabagny (Armor Lux-Gedimat) en 18j 20h 30' 15''

8-Éric Péron & Miguel Danet (Le Macaron French Pastries) en 19j 00h 12' 25''

Ils ont dit

Adrien Hardy (Agir Recouvrement) 1er à Saint-Barth

« C'est seulement en arrivant qu'on prend conscience du truc, qu'on était le premier bateau à quai ! Ce n'est pas franchement une revanche (par rapport à 2016), une satisfaction avant tout : l'objectif était ambitieux à Concarneau. Quand on gagne, on s'entend toujours bien mais il a fallu se faire plaisir tout en allant chercher la performance… »

Thomas Ruyant (Agir Recouvrement) 1er à Saint-Barth

« On avait conscience que nous étions devant, mais il y avait encore pas mal de paramètres qu'on ne gérait pas : les sargasses, les alizés, les grains avec seulement 9 milles d'avance ! Mais on avait les crocs pour aller chercher cette victoire. Sébastien Simon et Morgan Lagravière étaient vraiment rapides mais pour nous, notre route était la bonne : on n'a pas lâché notre option… Nous n'avons pas lâché la barre plus de deux heures sur cette transat ! »

Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance) 2ème à Saint-Barth

« On termine deuxièmes, ce qui est une jolie performance. La transat a vraiment été harassante mais on n'a jamais rien lâché. On s'est relayé le plus souvent possible, à un rythme pas du tout régulier mais simplement en s'écoutant l'un et l'autre, afin de garder un maximum de fraîcheur. » 

Morgan Lagravière (Bretagne CMB Performance) 2ème à Saint-Barth

« Avec Sébastien, on termine vraiment avec le sentiment d'avoir fait au mieux et si on devait réécrire notre copie, on referait les mêmes choses au niveau stratégique en jouant de nouveau la prudence sur une position centrale. On a joué la gagne et on y a cru jusqu'à la fin. On finit en s'étant donné à 100% et une deuxième place, c'est très bien. »

Gildas Mahé (Breizh Cola3ème à Saint-Barth

« Les premiers m'épatent toujours par leur indépendance d'esprit (rires), qui me marque à chaque fois, et qui a encore payé. Ils ont les cerveaux bien faits ces garçons-là je crois.  Les deuxièmes comme d'habitude, sont toujours au rendez-vous. A chaque fois, les gars qui gagnent les transats font la différence le long du Portugal. Ce n'est pas facile de savoir où on met le curseur, quand ça va casser ou quand on va se faire mal… »

Nicolas Troussel (Breizh Cola) 3ème à Saint-Barth

« Concernant notre placement à Palma, il fallait pouvoir prendre le choix au dernier moment, se laisser la possibilité d'une option ou l'autre jusqu'au dernier moment. On a préféré faire l'option Sud car nous avons pensé que le Nord était risqué. On s'est trompé, ils ont gagné. C'était une super bagarre jusqu'au bout. On y a cru jusqu'à trois jours de l'arrivée. Avec un petit coup de réussite, on pouvait faire quelque chose… »

Pierre Leboucher (Guyot Environnement) 4ème à Saint-Barth

« Une transat, c'est évidemment totalement différent de ce que j'avais fait avant mais c'était super intéressant. Le fait d'avoir joué aux avant-postes fait que j'ai trouvé cela d'autant plus génial. Peut-être que j'aurais trouvé cette course un peu plus longue mais le fait d'être au contact de Gildas et Nicolas a été très stimulant. Notre objectif a été de ne pas les décrocher ils vont vraiment très vite au portant. C'est super qu'on ait réussi à ne pas le lâcher ! » 

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Temps de course
  • Saint-Barth
    18:43
  • Concarneau
    00:43
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